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Bibliothèque universitaire Pierre et Marie Curie

Les fossiles du Trocadéro

Feuille d’une Protéacée collectée par Ernest Munier-Chalmas en 1868 dans les carrières du Trocadéro (Collection de paléontologie, UPMC).

 

La collection dont provient l’objet présenté a été collectée par Ernest Munier-Chalmas, ancien professeur de géologie à la faculté des sciences de Paris (Sorbonne). La collection qu’il a constituée est formée de plusieurs milliers de spécimens conservés dans les collections de l’Université Pierre et Marie Curie et du Muséum national d'histoire naturelle, dont certains proviennent d’un gisement actuellement inaccessible, se trouvant sous l’esplanade du Trocadéro à Paris.

Les carrières de Paris

Dès le premier siècle les gallo-romains ont exploité pour la construction des calcaires déposés il y a 46 à 40 millions d’années, durant la période géologique appelée Lutétien. C’est néanmoins au Moyen-Âge que l’exploitation va connaitre son véritable essor. Les calcaires de la colline de Chaillot sont extraits d’abord par des carrières à ciel ouvert, se situant actuellement au niveau des jardins du Trocadéro, puis par une exploitation souterraine à partir du XIIe - XIIIe siècle. Elle se poursuivra aux environs du XVe siècle par des puits d’extraction. L’une des entrées des anciennes mines est encore visible aujourd’hui, fermée par une grille, du côté sud du jardin, proche de la rue le Tasse. Le réseau sous le quartier Chaillot représente encore actuellement environ 7 km de galeries. L’exploitation des carrières parisiennes fut interdite en 1813 à cause des effondrements, mais l’actuel 16e arrondissement ne faisant pas partie de Paris intramuros à cette date, l’exploitation de la pierre à bâtir s’y est donc poursuivi jusqu’à ce que les communes de Passy et Auteuil soit annexées par la capitale en 1860. Nombreux sont les bâtiments historiques parisiens construits en pierres lutétiennes (Notre-Dame, les thermes gallo-romains de Cluny, l'enceinte Philippe Auguste …)

Pour la préparation de l’exposition Universelle de 1867 devant se dérouler à Paris, la colline du Trocadéro est nivelée, et subit de grands travaux. Des sautages d’une partie des mines souterraines sont organisés notamment lors de la venue de Napoléon III comme en atteste la presse de l’époque. La date figurant sur certains spécimens de la collection provenant du Trocadéro, 1868, semble donc indiquer que Munier-Chalmas a effectué ses prélèvements dans la foulée des travaux. Il s’agirait donc des tout derniers prélèvements y ayant été effectués, avant que le gisement ne devienne inaccessible.

Plantes et environnements

Il y a 40-48 Millions d’années, durant le Lutétien, le bassin parisien est en partie recouvert par la mer, mais son niveau varie de manière assez importante. La plupart des niveaux calcaires du Lutétien dont sont extraites les pierres de construction reflètent un environnement marin. Le fossile présenté ici est une feuille de Protéacée, une plante terrestre, très bien conservée. Il provient d’un niveau de calcaire marneux peu épais intercalé entre des calcaires et s’étant déposé il y a 42 Millions d’années environ, durant le début du Lutétien supérieur. La flore de cette couche marneuse, comme la plante terrestre illustrée ici, démontre une baisse importante du niveau marin dans le bassin de Paris pendant une courte période, avant qu’il ne s’approfondisse à nouveau à la fin du Lutétien, avec une disparition des flores continentales et un retour des fossiles marins.

Illustrations

Plan des anciennes exploitations et des carrières de Paris (1908)

 

 

Les grands travaux du Trocadéro (1867)

 

Le bassin de Paris il y a 40Ma

 

Bibliographie

- Gély, J.-P. 2009. "Le Lutétien : une période charnière de l’histoire du Bassin parisien". Saga Information, n°284 : 6-24.

- Merle, D. 2008. Stratotype du Lutétien. Collections Patrimoine Géologique. Biotope (Ed.), 288 p.

15/11/17

Traductions :

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